Tuesday, October 10, 2006

Cacophonie autour des jeux en lignes...

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La décision de la LFP de suspendre toutes les publicités pour les paris en ligne requiert l'approbation du ministre des Sports, Jean-François Lamour. Mais à l'inverse, volontairement frondeurs, les clubs concernés n'ont pas apprécié la directive. La décision de la Commission européenne, le 12 octobre, est attendue avec impatience pour trouver une solution à une situation qui vire au burlesque.



Lorsque le communiqué de la Ligue de football professionnel (LFP) tombe, l'affaire a déjà pris un drôle de tour. L'opération n'est pas encore reconnue comme telle, mais l'arrestation de deux dirigeants de Bwin est un vrai coup médiatique. Depuis plusieurs semaines les sociétés de paris en ligne sont sous le feu des projecteurs et bénéficient d'une couverture médiatique sans rapport avec leur investissement initial dans les clubs de football. Chaque décision, chaque petite phrase est reprise pour être largement diffusée. C'était encore le cas le week-end dernier. Le Conseil d'administration de la LFP suspendait, avec effet immédiat, toutes formes de publicités pour les jeux et paris en ligne pour les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2.


La Ligue a "fait du zèle"


La LFP considérait "qu'en l'état actuel de la législation nationale, alors même que celle-ci serait contestée au niveau européen, la poursuite des opérations publicitaires litigieuses fait peser un risque sérieux et immédiat sur les clubs, leurs dirigeants, et peut compromettre le bon déroulement du championnat". Après cette annonce, le ministre des Sports Jean-François Lamour a "pris acte avec satisfaction" de la décision. Mais pas les clubs.Le président de Toulouse Olivier Sadran, dont le club est parrainé par la société de jeux en ligne (poker et casino) 888.com, a estimé que la Ligue avait "fait du zèle". "L'Etat est dans son droit lorsqu'il rappelle à l'ordre les Fédérations (...) mais la Ligue a fait du zèle. Alors que Bruxelles doit statuer le 12 octobre et va sans doute sommer l'Etat français de modifier un certain nombre de choses, ce zèle m'interpelle." La LFP "a convoqué un semblant de conseil d'administration (vendredi) qui n'a respecté aucune règle de gouvernance ni les délais de convocation", a ajouté le président toulousain.

Olivier Sadran s'en est pris aux dirigeants de la LFP. "A la Ligue, il y a un certain nombre de préfets qui sont en réserve de la République et qui ont des craintes pour leur avenir proche", a-t-il expliqué sur RMC. Il a également pointé du doigt l'influence du président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, par ailleurs l'un des vice-présidents de la LFP, qui serait, selon lui, à l'origine de la suspension des publicités pour les paris en ligne. "Jean-Michel (Aulas) a une notion du partage qui est assez exceptionnelle (...), a-t-il affirmé. C'est une façon simplifiée de maintenir une domination mais entre domination et dictature, il y a une limite à ne pas franchir." En signe de protestation, Toulouse a disputé son match à Marseille avec un maillot frappé de "???.com", souligné par un "Censuré".

Après les maillots, la LFP s'en prend aux panneaux

Autre accroc. La rencontre Monaco-Le Mans a failli ne pas avoir lieu en raison de la présence de publicités pour Bwin autour du terrain. Le représentant de la LFP interdisait la tenue du match si les publicités n'étaient pas retirées. Le club monégasque, qui joue également avec des maillots vierges de sponsor, a donc, quelques minutes avant la rencontre, bâché quatre panneaux publicitaires de la société incriminée, également sous contrat en panneautique avec le club du Mans.


Frédéric Manin, avocat pour la France de Bwin, qui parraine cinq équipes de L1, estime que les "clubs sont pris en otage". "Je ne pense pas qu'il soit aisé de trouver un parrain en cours de saison. C'est de dizaines de millions d'euros dont on parle ici", a affirmé Me Manin.


"Les contrats sont tous particuliers. Je ne peux pas vous dire quelle est la répercussion exacte pour les clubs s'il y suspension de versements ou non, mais en tout cas, je peux vous dire que c'est préjudiciable à Bwin", a affirmé l'avocat. Evidemment, les clubs français ont eu beau jeu de souligner l'absurde de la situation au cours d'une semaine où le Milan AC est venu disputer un match de Ligue des champions à Lens, face à Lille, avec son maillot frappé du logo de Bwin. Une rencontre diffusée en prime time sur TF1 !


Mais il n'y a pas qu'en France que le jeu en ligne dérange. Aux Etats-Unis, George Bush doit promulguer très prochainement une loi interdisant les jeux d'argent en ligne. Les sociétés visées, qui génèrent un revenu annuel de quelque 12 milliards de dollars, ont perdu la moitié de leur valeur lundi 2 octobre à la Bourse de Londres après le vote de la loi à Washington. PartyGaming était virtuellement exclu lundi de l'élite du Footsie 100 à laquelle il a appartenu dès son entrée en Bourse l'an dernier, cédant jusqu'à 62%. Son concurrent 888 a perdu jusqu'à 50%, Sportingbet jusqu'à 73%. Sportingbet a réalisé 62% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis l'an dernier, 888 52% du sien au premier semestre, PartyGaming 67%.

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